mercredi 6 août 2014

La rencontre: première semaine

Je traverse du côté du quai d'embarquement de la gare.
Le dernier regard jeté autour de moi avant de traverser ne m'avait pas permis d'apercevoir Raph. Une fois de l'autre côté, un homme sort de la gare. En m'approchant, je discerne les traits de Xavier, le mari de Raph. Il m'attend tout sourire en me saluant et me demande de lui remettre l'un de mes sacs à dos afin de m'aider à le transporter jusqu'à la voiture (utilitaire sport) de Raphaëlle. Nous nous dirigeons vers la voiture en passant par l'intérieur de la gare... Je réitère ma constatation: c'est une petite gare d'une pièce et demie! Une fois dans le stationnement, je rigole en me rendant compte que Raph m'avait menti à propos de sa voiture... C'est une vieille Peugeot (''La Big Blue'' et moi j'ai une ''p'tite merde bleue'', comme j'aime bien l'appeler! Hahahaha!).
Xavier ouvre la valise de la voiture et nous y posons mes bagages d'un même geste. Nous embarquons dans la voiture et nous mettons le cap vers Neuilly-en-Donjon, où je passerai mes prochaines semaines! Je remarque que Xavier a beaucoup de conversation, ce que j'adore chez une personne. Il me demande si j'ai fait bonne route et me pose des questions  sur mes origines, semblant s'intéresser au fait que je sois québécoise. En effet, Raph et lui, m'explique-t-il, ont été durant plusieurs années au Québec, plus particulièrement en Abitibi-Témiscamingue d'où ma famille est originaire, pour la tonte de moutons... Nous passons en revue différents sujets durant le trajet vers Neuilly. Je suis impressionnée par l'excellente culture de Xavier et je l'écoute attentivement malgré la fatigue.
 
Je lis à haute voix une pancarte indiquant la direction de Lapalisse,  un village se situant dans le Bourbonnais. Xavier me dit alors qu'il connaît le propriétaire du Château de Lapalisse et me demande si je connais les 7 vérités de La palisse ou la Lapalissade. Je lui répond donc que je n'en ai jamais entendu parler. Xavier m'apprend l'origine de cette expression. En fait, le 24 février 1525, Jacques II de Chabanne, qui était seigneur de La Palice et maréchal (militaire) de François 1er, trouva la mort dans la bataille de Pavie en Italie. À la suite de sa mort et pour lui rendre hommage, ses soldats écrivirent une chanson en son honneur, dans laquelle  on y retrouvait notamment la strophe suivante: «Un quart d'heure avant sa mort, il faisait encore envie», laquelle fut déformée et réinterpréter par: «Un quart d'heure avant sa mort, il était encore en vie». Visiblement ironique, cette dernière phrase démontre une évidence. Depuis ce temps, lorsque l'on qualifie une expression ou une affirmation de Lapalissade, cela catégorise une réflexion par laquelle on souligne une évidence qui se démontre en elle-même. Puis, Xavier me dit qu'il serait peut-être possible d'aller visiter le Château de Lapalisse durant mon séjour. J'espère que nous irons :-)
 
Nous arrivons finalement au Bar-Restaurant et je fais la rencontre de ma «maman d'accueil» Raphaëlle et de Mégane, la jeune femme avec qui je partagerai ma chambre pour quelques jours. Je les trouve supers, quoique la conversation ne s'étire pas en raison du boulot. Nous sommes un dimanche, donc elles sont dans la confection des pizzas jusqu'aux oreilles. Xavier monte avec moi dans le logement à l'étage pour me montrer où est ma chambre, puis me donne tout ce dont j'ai besoin pour prendre une douche. Ahhh, la douche!! Je n'ai jamais pris une douche si savoureuse, je crois! Par la suite, je redescends pour manger une bouchée. Je suis fin prête à travailler, mais Xavier et Raph insistent pour que j'aille dormir un peu, ce que j'accepte. Cependant, je leur demande de venir me réveiller en soirée afin que je les aide dans tout le travail qu'il y a à faire. 
Il était vers les 17h00 quand je me suis assoupie.
 
 
J'entends la porte s'ouvrir, j'ouvre un œil et constate que la chambre est très sombre. C'est Mégane qui entre en catimini dans la chambre. Je regarde vers la fenêtre, il fait nuit, je réalise qu'ils ne m'ont pas réveillée. Je me rendors.
 
 
 
Je sens la lumière du soleil qui me réchauffe le visage. J'ouvre les yeux et, de mon lit, je peux apercevoir le  beau ciel exempt de nuages. Je regarde mon cellulaire pour connaître l'heure. L'écran affiche 06h00 tapantes. Je n'ai plus sommeil. Je me lève donc armée de mon ordinateur portable pour donner des nouvelles à mes proches/ami(e)s via Skype, et je descends au premier, histoire de ne réveiller personne.
Je tente une conférence à trois avec Jess et Matthy, sans succès: ils se voient entre-eux, mais moi, je ne fais que les entendre et eux ne me voient pas non plus. Décidément, Skype a du travail à faire à ce niveau! Nous discutons quand même.
Xavier se lève quelques instants plus tard et commence à déconner devant la caméra... Un vrai bouffon! Puis, il m'informe que leur chambre est au premier étage... Ce que je ne savais pas. En fin de compte, j'ai réveillé tout le monde... Oups! C'est bien moi, ça! Hahahaha !
 
 
 
✌ ✌ ✌
 
 
Ma première journée de travail se déroule très bien: j'ai appris à écrire le tableau des menus, monter les tables, puis, j'ai aidé à la cuisine... Ce sera une belle semaine, j'en suis sûre.
 
 
À suivre...
 
 
Mademoiselle
 
 

 

dimanche 3 août 2014

La route

Juste avant que les portes du Rhône Express ne se referment, une dame noire, grande et élancée, que j'estimais avoir une trentaine d'années, entre dans le train. Concentrée sur ma musique, je l'observe se diriger vers ma rangée de sièges. Il y avait plusieurs autres sièges disponibles ailleurs dans le train pourtant, mais elle choisit de s'asseoir à côté de moi... Je ne sais pas... Comme si un contact s'était établit. Par politesse, j'enlève toujours au moins l'un de mes écouteurs, quand des gens sont près de moi, comme ça, s'ils sont tentés de me parler, ils ont moins peur de me déranger. (De toute façon, vous avez déjà compris que j'adore faire la rencontre de nouvelles personnes, alors...) Comme de fait, dès qu'elle prend place, elle se présente à moi. Elle s'appelle Marceline et elle vit à Lyon. Je me présente également tout en omettant de mentionner ma nationalité... De toute façon, reconnaissant mon accent (qui me trahit, malgré tout mes efforts à bien m'exprimer #shit), elle me raconte qu'elle a habité à Montréal durant cinq ans avec ses fils, qui eux, demeurent toujours au Québec. Aimant tellement notre belle province, ils ne veulent apparemment plus revenir en France! Le Rhône Express ferme ses portes et se met en direction de la gare de Lyon de la Part-Dieu, terminus. J'apprends que les fils de Marceline ont en fait mon âge (et plus vieux), ce qui me porte à penser qu'elle a près d'une cinquantaine d'années... Wow! Elle ne fait vraiment pas son âge! Une vingtaine de minutes s'écoulent pour arriver à destination, sans qu'un moment de silence ne se place entre nous. Décidément, Marceline est une femme très gentille qui a beaucoup à raconter!
 
Le train s'immobilise, puis les portes s'ouvrent. Tout juste avant que nous débarquions, elle me propose de venir séjourner chez elle durant quelques jours afin de me faire visiter Lyon! J'accepte l'invitation avec joie, mais lui précise qu'à l'heure actuelle, il n'y a encore rien de sûr concernant mon voyage... Et donc que je ne sais pas si j'aurai le temps de tout faire ce que je veux faire! Mais je m'engage tout de même à lui redonner des nouvelles dès que je sais ce que je fais. Curieuse, elle me demande où je vais. Je lui explique alors dans un premier temps le concept du site www.workaway.info, et lui dit ensuite que ma première destination (et seule destination officielle, pour le moment) était un petit village non loin de Paray-le-Monial, la gare où je dois me rendre en provenance de Lyon de la Part-Dieu. Nous sortons du Rhône Express d'un même pas en discutant, si bien que nous oublions qu'elle doit me remettre ses coordonnées sur un bout de papier.
 
Elle me dit de la suivre jusque dans la gare et qu'elle m'orientera une fois que nous serons rendues à l'intérieur. Je lui mentionne qu'elle ne doit pas se sentir obligée de rester pour m'aider, que je demanderai des informations dans la gare, mais elle insiste pour rester auprès de moi. Marceline me raconte que, la fois où elle a été au Québec, elle et ses fils ont SI BIEN été accueillis, que maintenant, quand elle rencontre un(e) Québécois(e) sur son chemin, elle ne peut que rendre la pareille. Malgré la fatigue qui se fait de plus en plus ressentir, je l'écoute d'une oreille attentive quand elle me raconte son expérience. Je me sens vraiment choyée d'avoir un si gentil coup de mains!
 
Une fois dans la gare, elle se dirige vers la billetterie (tiens, il y a des comptoirs et des gens pour nous servir, ici!) et m'accompagne dans l'attente: il y a déjà plusieurs personnes devant nous. Puis, vient enfin mon tour d'acheter mon billet en direction de Paray-le-Monial. Chouette! La femme au comptoir me mentionne que mon train n'arrivera que dans plusieurs minutes. Encore de l'attente... Quoique, rendue où j'en suis, une minute de plus ou de moins n'y changera pas grand chose! De toute façon, Marceline doit me laisser ses coordonnées, cette attente nous permet donc de nous asseoir et d'échanger nos adresses courrielles.
 
Au bout de quelques temps, je lève les yeux vers le tableau numérique et constate que mon train est sur le point d'arriver. Je remercie Marceline du fond du cœur tout en prenant mes bagages. Je la salue et me dirige vers la sortie de la gare qui mène au quai d'embarquement.
 
Les portes sont ouvertes, j'entre dans le train en regardant mon billet pour me diriger vers mon siège.
Je monte mes lourds bagages au-dessus de ma tête et je prends place.
J'ouvre une nouvelle fois mon lecteur de musique et me laisse emporter dans mon p'tit monde...
J'entends le train qui démarre.
Prochaine destination: Paray-le-Monial !
 

◼ ◾▪◾ ◼
 


Je vois de magnifiques paysages au courant de ce voyage en train... Tantôt campagnards, tantôt plus ville que village. Beaucoup de champs, de vaches, d'arbres, de maisons à l'admirable architecture française... Je lutte contre le sommeil accablant qui s'acharne sur moi (#ViveLeDécalageHoraire), mais je ne veux pas m'endormir par crainte de manquer mon arrêt. En même temps, cette vue a de quoi m'occuper. Mes morceaux de musique résonnent dans mes oreilles et sur ces airs connus, je finis par m'assoupir malgré mon combat acharné. Je hais dormir en position assise en plus! Ton cou fini toujours par en souffrir! D'autant plus que tu baves X 1000 ! Enfin bref...

 
 
Tout à coup, je suis réveillée par une voix qui annonce que le prochain arrêt sera la gare de Paray-le-Monial! Ouf! J'ai eu de la chance sur celle-là! Je rassemble mes sacs à dos et valises, et me prépare à sortir. Le train s'arrête enfin. J'espère que Raphaëlle ne m'a pas oubliée :-P ! Je descends difficilement du train avec toutes mes choses. Wow, je suis la seule personne qui descend ici... Ça, c'est signe que l'endroit est vraiment petit! Néanmoins, c'est un très bel endroit! Je prends une photo, puis, je regarde autour de moi en cherchant du regard où traverser du côté de la gare... Je ne vois pas Raphaëlle...
 
 



À suivre...
 
 
Mademoiselle