dimanche 3 août 2014

La route

Juste avant que les portes du Rhône Express ne se referment, une dame noire, grande et élancée, que j'estimais avoir une trentaine d'années, entre dans le train. Concentrée sur ma musique, je l'observe se diriger vers ma rangée de sièges. Il y avait plusieurs autres sièges disponibles ailleurs dans le train pourtant, mais elle choisit de s'asseoir à côté de moi... Je ne sais pas... Comme si un contact s'était établit. Par politesse, j'enlève toujours au moins l'un de mes écouteurs, quand des gens sont près de moi, comme ça, s'ils sont tentés de me parler, ils ont moins peur de me déranger. (De toute façon, vous avez déjà compris que j'adore faire la rencontre de nouvelles personnes, alors...) Comme de fait, dès qu'elle prend place, elle se présente à moi. Elle s'appelle Marceline et elle vit à Lyon. Je me présente également tout en omettant de mentionner ma nationalité... De toute façon, reconnaissant mon accent (qui me trahit, malgré tout mes efforts à bien m'exprimer #shit), elle me raconte qu'elle a habité à Montréal durant cinq ans avec ses fils, qui eux, demeurent toujours au Québec. Aimant tellement notre belle province, ils ne veulent apparemment plus revenir en France! Le Rhône Express ferme ses portes et se met en direction de la gare de Lyon de la Part-Dieu, terminus. J'apprends que les fils de Marceline ont en fait mon âge (et plus vieux), ce qui me porte à penser qu'elle a près d'une cinquantaine d'années... Wow! Elle ne fait vraiment pas son âge! Une vingtaine de minutes s'écoulent pour arriver à destination, sans qu'un moment de silence ne se place entre nous. Décidément, Marceline est une femme très gentille qui a beaucoup à raconter!
 
Le train s'immobilise, puis les portes s'ouvrent. Tout juste avant que nous débarquions, elle me propose de venir séjourner chez elle durant quelques jours afin de me faire visiter Lyon! J'accepte l'invitation avec joie, mais lui précise qu'à l'heure actuelle, il n'y a encore rien de sûr concernant mon voyage... Et donc que je ne sais pas si j'aurai le temps de tout faire ce que je veux faire! Mais je m'engage tout de même à lui redonner des nouvelles dès que je sais ce que je fais. Curieuse, elle me demande où je vais. Je lui explique alors dans un premier temps le concept du site www.workaway.info, et lui dit ensuite que ma première destination (et seule destination officielle, pour le moment) était un petit village non loin de Paray-le-Monial, la gare où je dois me rendre en provenance de Lyon de la Part-Dieu. Nous sortons du Rhône Express d'un même pas en discutant, si bien que nous oublions qu'elle doit me remettre ses coordonnées sur un bout de papier.
 
Elle me dit de la suivre jusque dans la gare et qu'elle m'orientera une fois que nous serons rendues à l'intérieur. Je lui mentionne qu'elle ne doit pas se sentir obligée de rester pour m'aider, que je demanderai des informations dans la gare, mais elle insiste pour rester auprès de moi. Marceline me raconte que, la fois où elle a été au Québec, elle et ses fils ont SI BIEN été accueillis, que maintenant, quand elle rencontre un(e) Québécois(e) sur son chemin, elle ne peut que rendre la pareille. Malgré la fatigue qui se fait de plus en plus ressentir, je l'écoute d'une oreille attentive quand elle me raconte son expérience. Je me sens vraiment choyée d'avoir un si gentil coup de mains!
 
Une fois dans la gare, elle se dirige vers la billetterie (tiens, il y a des comptoirs et des gens pour nous servir, ici!) et m'accompagne dans l'attente: il y a déjà plusieurs personnes devant nous. Puis, vient enfin mon tour d'acheter mon billet en direction de Paray-le-Monial. Chouette! La femme au comptoir me mentionne que mon train n'arrivera que dans plusieurs minutes. Encore de l'attente... Quoique, rendue où j'en suis, une minute de plus ou de moins n'y changera pas grand chose! De toute façon, Marceline doit me laisser ses coordonnées, cette attente nous permet donc de nous asseoir et d'échanger nos adresses courrielles.
 
Au bout de quelques temps, je lève les yeux vers le tableau numérique et constate que mon train est sur le point d'arriver. Je remercie Marceline du fond du cœur tout en prenant mes bagages. Je la salue et me dirige vers la sortie de la gare qui mène au quai d'embarquement.
 
Les portes sont ouvertes, j'entre dans le train en regardant mon billet pour me diriger vers mon siège.
Je monte mes lourds bagages au-dessus de ma tête et je prends place.
J'ouvre une nouvelle fois mon lecteur de musique et me laisse emporter dans mon p'tit monde...
J'entends le train qui démarre.
Prochaine destination: Paray-le-Monial !
 

◼ ◾▪◾ ◼
 


Je vois de magnifiques paysages au courant de ce voyage en train... Tantôt campagnards, tantôt plus ville que village. Beaucoup de champs, de vaches, d'arbres, de maisons à l'admirable architecture française... Je lutte contre le sommeil accablant qui s'acharne sur moi (#ViveLeDécalageHoraire), mais je ne veux pas m'endormir par crainte de manquer mon arrêt. En même temps, cette vue a de quoi m'occuper. Mes morceaux de musique résonnent dans mes oreilles et sur ces airs connus, je finis par m'assoupir malgré mon combat acharné. Je hais dormir en position assise en plus! Ton cou fini toujours par en souffrir! D'autant plus que tu baves X 1000 ! Enfin bref...

 
 
Tout à coup, je suis réveillée par une voix qui annonce que le prochain arrêt sera la gare de Paray-le-Monial! Ouf! J'ai eu de la chance sur celle-là! Je rassemble mes sacs à dos et valises, et me prépare à sortir. Le train s'arrête enfin. J'espère que Raphaëlle ne m'a pas oubliée :-P ! Je descends difficilement du train avec toutes mes choses. Wow, je suis la seule personne qui descend ici... Ça, c'est signe que l'endroit est vraiment petit! Néanmoins, c'est un très bel endroit! Je prends une photo, puis, je regarde autour de moi en cherchant du regard où traverser du côté de la gare... Je ne vois pas Raphaëlle...
 
 



À suivre...
 
 
Mademoiselle

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