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| Aéroport de Lyon St-Exupery |
L'avion maintenant atterri, je sors de ma rangée de sièges et je ramasse mes bagages à mains. En moi, l'incertitude se fait ressentir. Officiellement, je ne sais pas ce qui m'attend exactement. Je tente de paraître sûre de moi, comme une personne qui sait précisément où elle s'en va. J'attends en file, fin prête pour sortir de l'appareil, alors que d'autres personnes sont encore engouffrées dans leur siège. Mon Dieu que je suis heureuse de ne pas être à leur place! Quelques minutes se déroulent avant que les hôtesses n'ouvrent la porte afin que nous puissions sortir. Au bout de ce temps, les gens avancent enfin. Je suis donc le flot qui se dirige vers la sortie permettant enfin aux autres usagers de pouvoir se lever. Mégane, qui se trouve devant moi, me guide une fois rendue à l'intérieur de l'aéroport de Lyon. Nous nous dirigeons vers l'endroit où nous récupérons nos valises, puis vers les escaliers roulants descendants qui nous mènent vers les douaniers pour identification avec passeport.
Heureux mélange de fatigue et de fébrilité, je ris en voyant la scène se déroulant devant moi: la vague de gens qui attend pour passer aux douanes est telle, que la salle au-bas des escaliers se remplie à vue d'œil forçant ainsi tous les voyageurs déjà descendus à s'entasser comme des sardines pour nous laisser un once de place. À l'instant où j'étais soulagée d'être enfin en bas, je me retourne en catastrophe en me rappelant que l'on nous suivait. C'est à ce moment, que je vois les gens qui se trouvaient derrière nous, bagages à la main, remonter de moitié l'escalier roulant vers le bas par manque d'espace. Je me tourne alors vers Mégane qui regarde elle aussi le tout avec un large sourire aux lèvres, ce qui me fait rire encore davantage. Puis, en observant tout autour de moi, je constate que tout le monde, malgré l'épuisement du vol, regarde cette absurdité avec la nette envie de rire aux éclats! Bredouilles, nos compagnons de vol demeurent tout en haut, les uns regardant toujours vers le bas ne semblant pas trop comprendre ce qui se passe, les autres, avertissant les voyageurs qui approchent en grand nombre, de patienter un moment avant de descendre!
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Quelques minutes plus tard, des agents de sécurité arrivent enfin pour nous ouvrir la porte de la pièce toute vitrée où nous nous trouvons, afin que nous puissions former une longue file d'attente vers les douaniers. Une énième attente qui semble interminable s'installe. Nous avançons lentement. Très lentement. Petit à petit, je vois notre objectif se rapprocher. (Matthy: «il est petit, mais il est là», oui, comme dans Titanic) Finalement, nous arrivons près du bureau des douaniers et nous remarquons que la file se sépare en deux. Mégane et moi se mettons dans une rangée différente pour passer en même temps. Non, mais, stratégiques, les filles! Nous parlons de tout et de rien pour passer le temps, puis, c'est enfin notre tour. Je m'avance donc vers le douanier, qui était en fait un agent de la Police Nationale (oups), et lui présente mon passeport à sa demande. Il regarde mon document, puis me regarde. Je le regarde sans cligner. Il baisse les yeux une nouvelle fois vers mon document, puis me regarde. Je le regarde toujours. Il regarde mon passeport de nouveau et, à ma grande surprise, il me regarde. Je suis figée devant tant de minutie, je le FIXE d'un regard franc...............
«Bienvenue en France, bon voyage!», me dit-il enfin.
À cette instant précis, dans ma tête, il se passe ceci: «Bon ben pas trop tôt, ça peut bien être long, votre affaire, à regarder tout le monde comme ça!»
Je passe les portes et me retourne pour voir où en est Mégane avec son douanier (euh, pardon, agent de la Police Nationale!). Apparemment, la rigueur au travail est une valeur importante, ici. C'est à son tour de passer les portes.
Les parents de Mégane l'attendent assidûment de l'autre côté. Elle les salue et les embrasse, puis m'introduit. Son père et sa mère nous indiquent donc qu'ils ne savent pas exactement où se trouve la Gare de la Part-Dieu et donc qu'ils ne me seront d'aucune aide. Par contre, ils ne me laissent quand même pas là... Bien intentionnés, ils m'indiquent où est le comptoir d'informations des trains, me saluent et s'en vont à la maison... La maison... Hey, «j'ai tu» hâte de rentrer à la maison, moi !!
C'est l'insécurité qui parle. Ta gueule! Je m'fou de ce que tu penses, toi!
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Le type au comptoir d'informations m'indique où je peux acheter mon billet de train:
«Montez les escaliers, tournez à gauche, prenez le couloir à votre droite, allez tout au fond, vous verrez des escaliers, descendez-les, ce sera là.» Non, mais un chausson, avec ça? C'est donc compliqué, ça, quand t'as pas beaucoup de sommeil dans l'corps!? J'ai mes deux sacs à dos, ma valise, ma fatigue et mon corps fatigué à traîner: c'est beaucoup! Bon, tant pis... C'est pas comme si j'avais le choix, hein? J'me lance!
Je déambule dans les couloirs avec toutes mes affaires en ne cessant pas de penser au siège de train confortable qui m'attend. Quand t'en es rendue-là, t'es mal!
Je descends enfin la dernière marche d'escaliers donnant sur une vaste pièce encadrée de grands murs vitrés. Je regarde à ma gauche, puis à ma droite cherchant du regard un comptoir avec une petite Madame qui me vendrait un billet de train... Pour me rendre compte, à mon GRAND plaisir (ceux qui me connaissent décerneront ici ma plus sincère IRONIE ;-) !), qu'il n'y avait pas ce fameux comptoir. Eh bien NON mon ami(e)! Que des guichets! Merde, le contact humain! Allez hop, on te remplace! J'adore ça!
Déçue, je me dirige vers l'un de ces magnifiques guichets automatiques. Je lis les instructions: jusque là, tout va bien! Ça se corse au niveau du paiement. J'insère ma carte de crédit, j'entre mon code, la machine me dit CODE BON, puis dans sa grande logique, annule ma transaction. Optimiste, je ré-essaie. IDEM. Sérieusement? Pff! Plantée devant le guichet, je tente de comprendre ce qui peut bien se passer... Allez, dis-moi quel «deal» je dois faire avec toi, pour que tu me donnes mon billet de train?
Au bout d'un moment à fixer son écran, en grande observatrice que je suis, je remarque ensuite que la machine offre l'option de payer avec des billets de 5, 10 ou 20 €. Je mets sur le dos de la fatigue le fait de ne pas avoir remarqué avant.
Ayant planifié un montant d'argent liquide pour des imprévus du genre, je recommence une fois encore la transaction et tente de régler cette dure bataille en achetant la machine avec quelques billets de banque. Eh ben, devinez quoi? Elle ne les prends pas. Je tente le tout pour le tout, tentant de lui faire gober, NON. MADAME la machine ne veut rien savoir. Je me tanne. Je vais voir ailleurs en essayant sa voisine! Même caprice...
Je lève les yeux vers le tableau numérique qui indique que le prochain train arrive dans 4 minutes. Boooonnnn... Rater un train! Comme si ça me disait, ça, ce matin!! Légèrement dépourvue, je regarde tout autour: un homme est assis sur un banc non loin de mon guichet, la seule personne aux alentours. Je me dis qu'il saura bien comment ça fonctionne et que je ne risque rien de lui demander un coup de mains!... Il ne parle pas français, me répond-t-il. Hey, fallait bien que je sois en France aujourd'hui, pour que le seul type que je croise et pouvant potentiellement m'aider ne parle pas français!
Devant me passer de cette aide potentielle, j'essaie de nouveau, ré-ré-essais, mais rien n'y fait.
Sur le point de me fâcher avec le guichet, une dame Suisse retentit de nulle part (bon, je suppose qu'elle est arrivée par les mêmes escaliers que moi, mais bon) et me demande de l'aide pour sa transaction.
Écoutez, Madame, je voudrais bien vous aider, mais je suis dans la même situation que vous.
Apparemment, nous assistons à une grève technologique, ce matin! Great.
Ensemble, nous essayons d'obtenir notre billet de train respectif... Ça l'aidera peut-être pas, mais chose certaine, ça ne nuira en rien! La dame essaie toutes ses cartes les unes après les autres et la dernière d'entre-elles fonctionne enfin! Donc, après lui avoir expliqué que je lui redonnerais le montant de mon billet en monnaie, elle prend deux billets de train. Nous faisons notre transaction et courrons vers le train s'apprêtant à partir. Malgré que je sois ravie que cette «étoile de chemin» me soit venue en aide, la dame Suisse et moi nous assoyons chacune de notre côté. Je mets mes écouteurs et commence à écouter ma musique.
Les portes du train demeurant ouvertes, j'attends patiemment le départ du Rhône Express...
Mademoiselle


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