samedi 26 juillet 2014

Lyon, aéroport: 1ère étoile de chemin

Aéroport de Lyon St-Exupery
L'avion maintenant atterri, je sors de ma rangée de sièges et je ramasse mes bagages à mains. En moi, l'incertitude se fait ressentir. Officiellement, je ne sais pas ce qui m'attend exactement. Je tente de paraître sûre de moi, comme une personne qui sait précisément où elle s'en va. J'attends en file, fin prête pour sortir de l'appareil, alors que d'autres personnes sont encore engouffrées dans leur siège. Mon Dieu que je suis heureuse de ne pas être à leur place! Quelques minutes se déroulent avant que les hôtesses n'ouvrent la porte afin que nous puissions sortir. Au bout de ce temps, les gens avancent enfin. Je suis donc le flot qui se dirige vers la sortie permettant enfin aux autres usagers de pouvoir se lever. Mégane, qui se trouve devant moi, me guide une fois rendue à l'intérieur de l'aéroport de Lyon. Nous nous dirigeons vers l'endroit où nous récupérons nos valises, puis vers les escaliers roulants descendants qui nous mènent vers les douaniers pour identification avec passeport.

Heureux mélange de fatigue et de fébrilité, je ris en voyant la scène se déroulant devant moi: la vague de gens qui attend pour passer aux douanes est telle, que la salle au-bas des escaliers se remplie à vue d'œil forçant ainsi tous les voyageurs déjà descendus à s'entasser comme des sardines pour nous laisser un once de place. À l'instant où j'étais soulagée d'être enfin en bas, je me retourne en catastrophe en me rappelant que l'on nous suivait. C'est à ce moment, que je vois les gens qui se trouvaient derrière nous, bagages à la main, remonter de moitié l'escalier roulant vers le bas par manque d'espace. Je me tourne alors vers Mégane qui regarde elle aussi le tout avec un large sourire aux lèvres, ce qui me fait rire encore davantage. Puis, en observant tout autour de moi, je constate que tout le monde, malgré l'épuisement du vol, regarde cette absurdité avec la nette envie de rire aux éclats! Bredouilles, nos compagnons de vol demeurent tout en haut, les uns regardant toujours vers le bas ne semblant pas trop comprendre ce qui se passe, les autres, avertissant les voyageurs qui approchent en grand nombre, de patienter un moment avant de descendre!

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Quelques minutes plus tard, des agents de sécurité arrivent enfin pour nous ouvrir la porte de la pièce toute vitrée où nous nous trouvons, afin que nous puissions former une longue file d'attente vers les douaniers. Une énième attente qui semble interminable s'installe. Nous avançons lentement. Très lentement. Petit à petit, je vois notre objectif se rapprocher. (Matthy: «il est petit, mais il est là», oui, comme dans Titanic) Finalement, nous arrivons près du bureau des douaniers et nous remarquons que la file se sépare en deux. Mégane et moi se mettons dans une rangée différente pour passer en même temps. Non, mais, stratégiques, les filles! Nous parlons de tout et de rien pour passer le temps, puis, c'est enfin notre tour. Je m'avance donc vers le douanier, qui était en fait un agent de la Police Nationale (oups), et lui présente mon passeport à sa demande. Il regarde mon document, puis me regarde. Je le regarde sans cligner. Il baisse les yeux une nouvelle fois vers mon document, puis me regarde. Je le regarde toujours. Il regarde mon passeport de nouveau et, à ma grande surprise, il me regarde. Je suis figée devant tant de minutie, je le FIXE d'un regard franc...............
«Bienvenue en France, bon voyage!», me dit-il enfin.
À cette instant précis, dans ma tête, il se passe ceci: «Bon ben pas trop tôt, ça peut bien être long, votre affaire, à regarder tout le monde comme ça!»
Je passe les portes et me retourne pour voir où en est Mégane avec son douanier (euh, pardon, agent de la Police Nationale!). Apparemment, la rigueur au travail est une valeur importante, ici. C'est à son tour de passer les portes.

Les parents de Mégane l'attendent assidûment de l'autre côté. Elle les salue et les embrasse, puis m'introduit. Son père et sa mère nous indiquent donc qu'ils ne savent pas exactement où se trouve la Gare de la Part-Dieu et donc qu'ils ne me seront d'aucune aide. Par contre, ils ne me laissent quand même pas là... Bien intentionnés, ils m'indiquent où est le comptoir d'informations des trains, me saluent et s'en vont à la maison... La maison... Hey, «j'ai tu» hâte de rentrer à la maison, moi !!
C'est l'insécurité qui parle. Ta gueule! Je m'fou de ce que tu penses, toi!

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Le type au comptoir d'informations m'indique où je peux acheter mon billet de train:
«Montez les escaliers, tournez à gauche, prenez le couloir à votre droite, allez tout au fond, vous verrez des escaliers, descendez-les, ce sera là.» Non, mais un chausson, avec ça? C'est donc compliqué, ça, quand t'as pas beaucoup de sommeil dans l'corps!? J'ai mes deux sacs à dos, ma valise, ma fatigue et mon corps fatigué à traîner: c'est beaucoup! Bon, tant pis... C'est pas comme si j'avais le choix, hein? J'me lance!
 
Je déambule dans les couloirs avec toutes mes affaires en ne cessant pas de penser au siège de train confortable qui m'attend. Quand t'en es rendue-là, t'es mal!
Je descends enfin la dernière marche d'escaliers donnant sur une vaste pièce encadrée de grands murs vitrés. Je regarde à ma gauche, puis à ma droite cherchant du regard un comptoir avec une petite Madame qui me vendrait un billet de train... Pour me rendre compte, à mon GRAND plaisir (ceux qui me connaissent décerneront ici ma plus sincère IRONIE ;-) !), qu'il n'y avait pas ce fameux comptoir. Eh bien NON mon ami(e)! Que des guichets! Merde, le contact humain! Allez hop, on te remplace! J'adore ça!
Déçue, je me dirige vers l'un de ces magnifiques guichets automatiques. Je lis les instructions: jusque là, tout va bien! Ça se corse au niveau du paiement. J'insère ma carte de crédit, j'entre mon code, la machine me dit CODE BON, puis dans sa grande logique, annule ma transaction. Optimiste, je ré-essaie. IDEM. Sérieusement? Pff! Plantée devant le guichet, je tente de comprendre ce qui peut bien se passer... Allez, dis-moi quel «deal» je dois faire avec toi, pour que tu me donnes mon billet de train?
Au bout d'un moment à fixer son écran, en grande observatrice que je suis, je remarque ensuite que la machine offre l'option de payer avec des billets de 5, 10 ou 20 €. Je mets sur le dos de la fatigue le fait de ne pas avoir remarqué avant.
Ayant planifié un montant d'argent liquide pour des imprévus du genre, je recommence une fois encore la transaction et tente de régler cette dure bataille en achetant la machine avec quelques billets de banque. Eh ben, devinez quoi? Elle ne les prends pas. Je tente le tout pour le tout, tentant de lui faire gober, NON. MADAME la machine ne veut rien savoir. Je me tanne. Je vais voir ailleurs en essayant sa voisine! Même caprice...
 
Je lève les yeux vers le tableau numérique qui indique que le prochain train arrive dans 4 minutes. Boooonnnn... Rater un train! Comme si ça me disait, ça, ce matin!! Légèrement dépourvue, je regarde tout autour: un homme est assis sur un banc non loin de mon guichet, la seule personne aux alentours. Je me dis qu'il saura bien comment ça fonctionne et que je ne risque rien de lui demander un coup de mains!... Il ne parle pas français, me répond-t-il. Hey, fallait bien que je sois en France aujourd'hui, pour que le seul type que je croise et pouvant potentiellement m'aider ne parle pas français!
 
Devant me passer de cette aide potentielle, j'essaie de nouveau, ré-ré-essais, mais rien n'y fait.
 
Sur le point de me fâcher avec le guichet, une dame Suisse retentit de nulle part (bon, je suppose qu'elle est arrivée par les mêmes escaliers que moi, mais bon) et me demande de l'aide pour sa transaction.
Écoutez, Madame, je voudrais bien vous aider, mais je suis dans la même situation que vous. 
 
RhôneExpress
Apparemment, nous assistons à une grève technologique, ce matin! Great.
Ensemble, nous essayons d'obtenir notre billet de train respectif... Ça l'aidera peut-être pas, mais chose certaine, ça ne nuira en rien! La dame essaie toutes ses cartes les unes après les autres et la dernière d'entre-elles fonctionne enfin! Donc, après lui avoir expliqué que je lui redonnerais le montant de mon billet en monnaie, elle prend deux billets de train. Nous faisons notre transaction et courrons vers le train s'apprêtant à partir. Malgré que je sois ravie que cette «étoile de chemin» me soit venue en aide, la dame Suisse et moi nous assoyons chacune de notre côté. Je mets mes écouteurs et commence à écouter ma musique.
 
 
Les portes du train demeurant ouvertes, j'attends patiemment le départ du Rhône Express...
 
 
 
Mademoiselle

mercredi 23 juillet 2014

Loin des yeux, près du coeur (part 2)

Je suis assise dans l'avion, je regarde la ville de Montréal devenir de plus en plus petite, de plus en plus loin, de plus en plus belle à mes yeux... C'est fou ce qu'une chose ou une situation peut nous manquer, quand on a conscience qu'on peut la perdre de vue! Malgré l'énervement, je regarde partout à-travers le hublot... Je ne veux rater aucune seconde du décollage! Je ne me rappelais pas du feeling que ça faisait que de se sentir soulever, sentir que l'on ne touche plus le sol #spécial !
Une fois tout en haut, à notre altitude pour tout le vol, j'ouvre mon album. Je commence à le feuilleter et à lire les messages qui s'y cachent à l'intérieur... C'est d'ailleurs comme cela que je fais la connaissance de ma «compagne de vol», parce qu'elle me demande ce qu'est ce livre! Je lui explique donc que j'ai beaucoup de chance d'avoir les ami(e)s que j'ai.

Elle s'appelle Mégane. Très sympathique. C'est une Française qui était en stage à Montréal depuis 2 mois et qui retourne en France. Elle me dit qu'elle adore Montréal, qu'elle s'y est fait de bons ami(e)s, mais qu'au courant de son stage, elle a réalisé que le commerce, ce n'est pas fait pour elle. Comme quoi ce n'est pas grave de se tromper, et de se reprendre autrement, mais encore faut-il essayer!

Je décide de lui partager les petits mots-surprises qui se cachent depuis presqu'une semaine dans mon album. Elle se sent vraiment choyée de les découvrir en même temps que moi. J'ai le cœur gros en lisant tout ces beaux messages à haute voix, mais étonnamment, je réussis à contenir l'émotion.. Il y a celui d'MC, qui me touche particulièrement droit au cœur, malgré que je sois touchée par tous ces beaux mots. Je me répète, mais j'ai énormément de chance. Quelle belle surprise ce fut, quel beau présent, quels beaux souvenirs demeureront à l'intérieur de cet album!
Je finis de lire les messages... de regarder les beaux visages souriants que ces photos arborent fièrement. Je me rappelle que j'ai également des «pensées-surprise de la semaine» à la toute fin de mon album et que la première, c'est aujourd'hui que je peux la découvrir! Énervée, je m'empresse de tourner les pages et de sortir le carton de la semaine: «Le plus grand voyageur n'est pas celui qui a fait 10 fois le tour du monde, mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même»...  Wow!!! Je pousse un soupir, c'est si inspirant... Et tellement vrai! Je pose l'album soigneusement à mes pieds pour un moment. Je me retourne vers le hublot, je souris encore en pensant à ce que je viens de lire. Je réalise que Montréal est maintenant bien loin derrière.

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Cela faisait maintenant 7 ans que je n'avais pas voyagé, 7 ans, donc, que je n'avais pas pris l'avion. J'avais oublié que je ne me sens pas particulièrement à l'aise dans les airs. Mais bon, c'est le prix à payer pour partir à l'aventure, celle que je m'apprête à vivre. Je pense à tout ce chemin que je devrai faire une fois arrivée à Lyon. Heureusement, mes inquiétudes sont vite mises de côté, puisque d'une conversation en amenant une autre, Mégane me propose de demander à ses parents qui l'attendront à l'aéroport, si la gare de Lyon de la Part-Dieu se trouve sur leur chemin de retour. Si oui, elle me dit que ses parents et elle se feraient un plaisir de venir m'y reconduire, ne me faisant aucune promesse, bien sûr, puisqu'elle n'en a aucune idée. Cependant, s'ils ne peuvent pas m'aider à ce niveau, elle me dit qu'elle m'orientera une fois rendues à l'aéroport, afin que je trouve l'endroit où acheter mon billet de train. J'accepte ce coup de main avec plaisir!

Je constate que l'odeur des repas se fait de plus en plus présente dans l'avion. Une hôtesse passe près de mon siège, je lui demande quels seront les choix au menu. Elle m'indique que nous aurons le choix entre le plat de pâtes nappées de sauce Alfredo ou une assiette de poulet servi avec riz et légumes. D'un même mouvement, Mégane et moi nous regardons pour nous demander ce que nous choisirons, l'hôtesse repart. Les pâtes seront notre choix de façon unanime.

Peu de temps après, alors que je suis, encore une fois, en train de feuilleter mon album, l'hôtesse arrive avec le repas. Malheureusement, elle nous annonce qu'il n'y a plus de pâtes et que nous devrons plutôt prendre le poulet... Ce n'est pas plus grave. Je remets donc mon album à mes pieds pour faire de la place pour mon assiette. Je n'ai pas eu connaissance que l'hôtesse de l'air avait remarqué mon album, mais, au moment de me servir, elle me dit: «C'est VRAIMENT joli, cet album... Qu'est-ce que c'est?» Je lui ai donc (une fois encore) vanté les mérites de mes pierres précieuses. Elle était vraiment touchée, pour tout vous dire !

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La nuit tombe tranquillement dans le ciel... Je me rappelle de mon expérience passée où je m'étais rendue en Italie avec un groupe d'école à la fin de mon secondaire 5, et il me revient à l'esprit que je devrais tenter de dormir un peu, puisque lorsque l'on voyage vers l'Europe, la nuit ne dure environ que trois heures! C'est le moment ou jamais! Je baisse légèrement mon dossier, branche mes écouteurs pour entendre la musique qu'offre l'avion... Après avoir fait le tour de tous les postes disponibles, mon choix s'arrête sur la musique classique, qui, à mon sens, est définitivement la meilleure! J'essaie de m'endormir, mais je ne réussis qu'à somnoler, parce que je suis «gelée comme une crotte». Je pense que la prochaine fois que je prends l'avion, je penserai à m'apporter un chandail chaud! Je laisse aller cette pensée pour faire place au peu de sommeil que j'irai chercher. Faut définitivement que j'apprenne à relaxer: «Hey, la grande, tu es en voyage, relaxe!»...

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Une voix remplace la musique classique dans mes écouteurs: «Mesdames, Messieurs, bonjour! Ici votre pilote UnTel. Nous sommes présentement à l'approche de Lyon, nous allons dans quelques minutes procéder à l'atterrissage. Pour des mesures de sécurité, nous vous prions de redresser votre siège, remonter votre tablette et boucler votre ceinture. Merci de votre attention, nous espérons que vous avez passé un bon vol et nous vous souhaitons la bienvenue à France!» Je reviens à moi. J'exécute ces mesures de sécurité, frotte mes yeux, histoire de me mettre du mascara un peu partout, et je regarde à l'extérieur!! On arrive enfin...


À suivre...


Mademoiselle